LA CHASSE A VILLENEUVE
 

  

Le pays est très giboyeux : il y a des cailles, des perdrix, des lièvres, des lapins. On chasse les trois premiers avec le fusil et le chien et les lapins avec le furet.

Autrefois, on chassait avec l’arbalète et l’arquebuse, on trouve ces deux armes indiquées dans l’inventaire de noble DAMIEN (1606), comme armes de chasse.

Pour prendre les grives et les merles, on se sert de pièges dits « tindelles » ou « tendos »  (dalles reposant sur un support très sensible en bois) ; ils ont trois formes (fig. 86, 87, 89). La figure 87bis, un piège à rats. En A est l’appât attaché par un fil. Le rat d’un coup de dent coupe le fil, le piège tombe.

La plus employée est celle qui représente la figure 85. Elle se compose de trois pièces de bois qui maintiennent une pierre plate. On place l’appât en A ; à la moindre secousse la pierre tombe et l’oiseau est pris. La « tindelle » (fig. 86)   est à peu prés pareille que la première sauf que la pierre appuie sur l’extrémité supérieure de la pièce C et qu’au point D la bûchette tient celle qui est presque verticale par une coche, en outre la coche E est tournée en sens contraire à celle de la figure 85.

Celle qui est représentée par la figure 87 se compose de 4 pièces et d’un support A. Quand l’oiseau passe sous la pierre pour prendre l’appât, les deux bûchettes BB tombent à terre, la pierre écrase l’animal.

Pour prendre les lièvres et les lapins on se sert des collets, ou « lous laxes courredous ». Ce sont des fils de laiton fixés à un appui solide et placés verticalement sur le passage du gibier, généralement dans les haies ou autour des buissons ; l’animal passe sa tête dans le nœud coulant, il s’étouffe. (Pour les perdreaux, le lacet est en crain de cheval et appelé « sedou » petite soie).

 

(Extrait de « l’art, la littérature et les traditions populaires dans la commune de Villeneuve » par JULIEN en 1900, pages 237 à 238 des « Enquêtes folkloriques en Rouergue » imp à Rodez en 1958 ou du T27 des MSLSAA)